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	<title>Carnet de bord - Vivat la danse !</title>
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		<title>Geoffrey, sa r&#233;ponse</title>
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		<dc:date>2019-01-28T18:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> par Geoffrey Planque </dc:creator>


		<dc:subject>Anne Collod</dc:subject>
		<dc:subject>Incenses, projet Moving alternatives</dc:subject>
		<dc:subject>Vivat la danse !</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ch&#232;re Mado, &lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; suis-je ? O&#249; vais-je ? Ici, l&#224;-bas, ailleurs, une chose est certaine #distanceisinthemind &lt;br class='autobr' /&gt; Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, Ruth Saint-Denis s'inspire encore des danses de celles qu'on appelle les nautch girls : le terme d&#233;signe non seulement les danseuses de temple mais aussi ces femmes &#171; vilaines &#187; (naughty) qui sont, autrement dit, les femmes de petite vertu, les prostitu&#233;es. Il y a dans les danses que cr&#233;e Ruth Saint-Denis une dimension folklorique, une repr&#233;sentation de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivatladanse.carnetdebord.xyz/+-Vivat-la-danse-+" rel="tag"&gt;Vivat la danse !&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Mado,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; suis-je ? O&#249; vais-je ? Ici, l&#224;-bas, ailleurs, une chose est certaine #distanceisinthemind&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, Ruth Saint-Denis s'inspire encore des danses de celles qu'on appelle les nautch girls : le terme d&#233;signe non seulement les danseuses de temple mais aussi ces femmes &#171; vilaines &#187; (naughty) qui sont, autrement dit, les femmes de petite vertu, les prostitu&#233;es. Il y a dans les danses que cr&#233;e Ruth Saint-Denis une dimension folklorique, une repr&#233;sentation de l'Inde et une authenticit&#233; qui peuvent &#234;tre remises en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le chor&#233;graphe Ted Shawn s'inspire quant &#224; lui de la danse cosmique de Shiva (dieu masculin ou androgyne, mais jamais une d&#233;esse comme beaucoup le pensent en Europe) qui est &#233;rig&#233; comme une figure symbolique de l'hindouisme gr&#226;ce &#224; la publication &lt;i&gt;The Dance of Shiva&lt;/i&gt; d'Ananda K. Coomaraswamy, en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les productions de Ruth Saint-Denis et de Ted Shawn sont ant&#233;rieures &#224; la cr&#233;ation du th&#233;&#226;tre-dans&#233; Bharata-N&#257;tyam, qui intervient dans les ann&#233;es 1930. En y r&#233;fl&#233;chissant, l'&#233;poque m&#234;me de la cr&#233;ation du Bharata-N&#257;tyam suppose d&#233;j&#224; une forme d'appropriation culturelle, ce dans un contexte purement indien. En effet, entre la deuxi&#232;me partie du XIXe et du XXe si&#232;cle, la danse de temple est en passe de dispara&#238;tre : sa pratique, jug&#233;e trop &#233;rotique, est interdite comme composante rituelle dans les temples, et cette interdiction concourt &#233;galement &#224; mettre un terme aux lign&#233;es d'artistes qui vivaient jusqu'ici des arts de la sc&#232;ne. Je ne rentre pas dans les d&#233;tails, mais tous ces choix furent &#233;minemment politiques : &#224; cette &#233;poque, les Britanniques et les r&#233;formistes indiens souhaitent une modernisation de l'image du pays et aussi celle de l'image de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avant les ann&#233;es 1930, seules les devadasis &#8211; ou &#171; servantes de dieu &#187; &#8211; appartenant aux communaut&#233;s d'artistes, sont en mesure de se produire, que ce soit dans les temples ou les grandes cours royales. Mais d&#232;s les ann&#233;es 1930, ce sont les classes sociales les plus &#233;lev&#233;es (i.e. les brahmanes) qui s'approprient le pass&#233; de ces danseuses et qui participent &#224; la cr&#233;ation d'une nouvelle forme de danse dont le nom est le Bharata-N&#257;tyam (qui n'est autre que la traduction de &#171; th&#233;&#226;tre-dans&#233; de l'Inde &#187; en Sanskrit). Si je ne souhaite pas m'&#233;tendre &#224; ce sujet, le nom de la ballerine russe Anna Pavlova intervient aussi dans l'histoire, ne serait-ce que sous une forme d'impulsion (cf. aussi Rukmini Devi Arundale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#233;sormais, la forme contemporaine du Bharata-N&#257;tyam constitue le monopole des classes les plus &#233;lev&#233;es. D'ailleurs, les filles que je fr&#233;quente dans l'institution de mon ma&#238;tre sont globalement issues des classes moyennes sup&#233;rieures, voire bien plus sup&#233;rieures que sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aussi, les questions que tu te poses, que tu me poses, dans ton message demeurent bien pr&#233;sentes dans mon esprit et me hantent bien souvent. Peut-on r&#233;ellement &#234;tre l&#233;gitime en tant qu'interpr&#232;te de th&#233;&#226;tre-dans&#233; indien sans &#234;tre n&#233; l&#224;-bas ? Ma r&#233;ponse la plus visc&#233;rale serait de dire oui, sinon cela reviendrait &#224; r&#233;duire &#224; n&#233;ant tous les efforts qui ont &#233;t&#233; les miens depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; Au reste, je ressens bien ces regards aussi peu subtils que condescendants lorsque j'&#233;volue dans la sph&#232;re artistique de Chennai... Parfois, j'entends m&#234;me ces voix se dire int&#233;rieurement : &#171; &lt;i&gt;Encore un de ces ploucs venus faire du Bharata-N&#257;tyam... en vain !&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;sormais, peu m'importe tous ces jugements : apr&#232;s tout, je ne pense pas &#234;tre dans une d&#233;marche consum&#233;riste &#224; la lumi&#232;re des recherches en Esth&#233;tique indienne que j'effectue depuis 2005, &#224; la lumi&#232;re &#233;galement de mon apprentissage de la langue sanskrite et tamoule depuis plusieurs ann&#233;es. Mais une forme de mise/remise &#224; niveau est n&#233;cessaire... en tant que la connaissance n'est pas inn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je pense aussi que la pratique d'une discipline qui n'appartient pas &#224; ta &#171; culture originelle &#187; est aussi un moyen d'ouvrir celle-ci &#224; d'autres horizons. Non ! Je ne cherche pas la reconnaissance en Inde du Sud et je pense sinc&#232;rement que ce n'est pas ma mission. En revanche, faire conna&#238;tre ce th&#233;&#226;tre-dans&#233; que je trouve plus que fascinant, que ce soit en France ou en Europe, l&#224; est bien ma perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Derri&#232;re tout cela, je souhaite surtout que certains milieux artistiques cessent d'avoir cette vision m&#233;prisante lorsqu'il s'agit des arts indiens, comme si ces derniers appartenaient &#224; une sous-cat&#233;gorie qui n'est pas digne d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;e chez nous. Faire face &#224; une culture aussi mill&#233;naire que celle de l'Inde suppose une certaine forme d'humilit&#233; qui, certes, n'est pas toujours l'apanage de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, le plus &#233;trange, c'est que plus cette pratique fait partie de moi et de chacune de mes cellules, moins je suis consid&#233;r&#233; &#224; ma place en France, ou en Inde, si tu vois ce que je veux dire. Avec les ann&#233;es, je suis en quelque sorte devenu &#233;tranger dans mon propre pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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